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Parole des Anciens

Jésus est ma respiration, plus encore que l'air, à tout instant de ma vie. Il est ma lumière, avant tout autre lumière, ma nourriture et ma boisson, mon vêtement, mon parfum, ma douceur, mon père et ma mère, un sol plus ferme que la terre que rien ne peut ébranler et qui me porte. St Jean de Cronstadt

Tant que l'on voit dans l'autre des défauts, on ne possède pas, soi-même, l'humilité. Aux yeux des humbles, tous paraissent meilleurs que soi, tous semblent bons. Ce qui fait notre malheur, c'est de vouloir trouver en nous la Sainteté, au lieu de l'humilité. Staretz Macaire d'Optino

Si nous avons reçu la pensée, c'est pour connaître le Christ; si nous avons reçu le désir, c'est pour courir vers Lui; si nous avons la mémoire, c'est pour Le porter en nous." Nicolas Cabasilas - La vie en Christ

Celui qui n'aime pas ses ennemis ne peut connaître le Seigneur, ni la douceur de l'Esprit-Saint. Mais celui qui n'a pas reçu le Saint-Esprit ne désire pas prier pour ses ennemis. L'âme qui n'a pas l'amour des ennemis n'aura jamais la paix; elle se tourmentera et fera souffrir les autres. St Silouane

Et si l'on me demandait :" que désires-tu de Dieu, quel don ? "; Je répondrais : " l'esprit d'humilité qui, plus que tout, plaît au Seigneur " St Silouane

Seigneur, dans Ta miséricorde, viens à la recherche de ta créature et montre-toi aux hommes par le Saint-Esprit, comme tu te révèles à Tes serviteurs. Réjouis, Seigneur, par la venue de Ton Esprit-Saint, toute âme affligée. Fais, Seigneur, que tous les hommes qui Te prient connaissent le Saint-Esprit.   Staretz Silouane p 275

Saint Jean Chrysostome a dit :"le premier père spirituel de l'homme est la voix de la conscience", c'est le premier lien spirituel de l'homme avec Dieu. Notre conscience s'éclaire et acquiert la maturité en écoutant la parole de l'Evangile, en faisant le travail intérieur de la prière et en communiant aux Saints Sacrements du Christ. Apostolia Novembre 2014

Saint Jean Chrysostome a dit : "Veux-tu voir ce qu'est l'Eglise et quel est le miracle que produit l'Eglise ? C'est très simple. Entre dans l'église et tu verras que c'est un lieu où tu entres loup et tu sors agneau, tu entres brigand et tu sors Saint, tu entre coléreux et tu sors doux, tu entres homme et tu sors Dieu selon la grâce" Apostolia Novembre 2014

L'Esprit-Saint est la joie de Dieu se déversant sur la création, pour assurer une orientation renouvelée de la création vers son Créateur, le dépassement de la séparation entre Dieu et la créature et donc la réalisation plénière de la créature. La joie de Dieu, concentrée dans le Saint-Esprit, se déverse grâce à Lui dans nos âmes, de sorte que nous sommes introduits dans la Joie même de la Trinité.         Dumitru STANILOE dans Prière de Jésus et Expérience du Saint-Esprit - DDB

Athanase,l' Archevêque d'Alexandrie de Sainte mémoire, supplia Abba Pambo de descendre du désert à Alexandrie. Il descendit donc. Et voyant une actrice, il se mit à pleurer. Ceux qui étaient présents lui demandèrent le motif de ses larmes et il dit :" deux choses m' incitent à pleurer : l'une, la perte de cette femme, l'autre, que je n'ai pas un tel souci de plaire à Dieu que cette femme de plaire aux hommes mauvais"                                                                          Paroles des Anciens

N'imagine pas que tu puisses te libérer des passions et échapper à la souillure des pensées passionnées, si tu portes encore l' arrogance et l' enflure des vertus; car tu ne verras pas la demeure de la paix dans la bonté des pensées, tu n' entreras pas avec joie dans le temple de l'amour, tant que tu te confieras en toi-même et dans tes oeuvres.     Philocalie des Pères Neptiques N. Stethatos p37

La prière de celui qui garde des griefs contre son prochain est impure. Nous ne pouvons et devons adresser des reproches qu'à une seule personne : nous-même. Sans cette accusation de soi, la prière sera aussi vaine que si l'on adressait des reproches, dans son coeur, à autrui.           Le Chemin des Ascètes - Titi Colliander

 Il n' y a pas de félicité plus grande que d'aimer Dieu de toute son intelligence, de tout son coeur et de toute son âme, ainsi que l'a commandé le Seigneur, et son prochain comme soi-même. Lorsque cet amour remplit l'âme, tout la réjouit; mais quand il se perd, l' homme ne trouve pas de repos, il se trouble et accuse les autres de l' avoir offensé. Il ne comprend pas que c'est lui le coupable : il a perdu l'amour de Dieu, il a jugé ou haï son frère. La grâce vient de l' amour pour notre frère et c'est par l' amour pour notre frère qu'on la garde. Mais si nous n'aimons pas notre frère, la grâce Divine ne viendra pas dans notre âme.                                                                              Saint Silouane

Un profond silence est une prière profonde et une prière profonde est un profond silence.
L' intelligence et l' éducation n'ont aucune valeur si elles ne sont pas au service de l'amour.
La plus grande chose qui nous sera demandée au jugement dernier est "pourquoi n'avons-nous pas fait plus attention à notre prochain ? "

                                                                                                 Père Arsenié

Les Saints Pères nous disent tous d'une seule voix : "La première chose à vous mettre dans l' esprit est de ne jamais, en aucune façon, vous appuyer sur vous-même. Le combat que vous allez affronter est extraordinairement ardu et vos seules forces humaines sont absolument insuffisantes pour le mener. Si vous vous fiez à vous-même, vous serez immédiatement renversé et vous perdrez toute envie de continuer la lutte. Seul Dieu peut vous donner la victoire, selon votre propre désir"       Extraits de  le Chemin des Ascètes de Tito Colliander

La meilleure et la plus belle des choses est de s' accueillir réciproquement les uns les autres. Nous n'allons pas être jugés pour ce que nous avons donné ou pas donné aux autres, mais d' après le comment nous avons accueilli notre frère dans notre coeur. Juger mon frère, cela veut dire que je ne l'accueille pas dans mon coeur. Nous pouvons beaucoup jeûner ou faire de grands efforts ascétiques, mais rappelons-nous que ce n'est pas la nourriture qui m'approche ou qui m'éloigne de Dieu, la nourriture qui nous fait entrer ou ne pas entrer auprès de notre Dieu dans le Royaume et qui nous fait ressentir le Royaume en nous-mêmes, c'est notre prochain ! Voilà la clé du Royaume : le Seigneur, ton prochain et toi-même. On ne peut échapper à ce cercle qui nous unit les uns aux autres, qui fait de cette vie, notre Paradis ou notre enfer.                                                                       Monseigneur Joseph

 

Abba Antoine scrutant la profondeur des jugements de Dieu, demanda: « Seigneur, comment se fait-il que certains meurent dans la fleur de l' âge, tandis que d'autres atteignent une extrême vieillesse ?Pourquoi y a-t-il des pauvres et des riches ? Comment des hommes injustes s'enrichissent-ils tandis que des justes sont dans le besoin ? Survint alors une voix qui lui dit : « Antoine, sois attentif à toi-même; car le reste, c'est le jugement de Dieu et il ne te convient pas de le connaître. »

 

"Les vagues sont violentes, la houle est terrible, mais nous ne craignons pas d' être engloutis par la mer,car nous sommes debout sur le roc.
Que la mer soit furieuse, elle ne peut briser ce roc; que les flots se soulèvent, ils sont incapables d' engloutir la barque de Jésus.
Que craindrions-nous ? Dites-le moi : la mort ? Pour moi, vivre, c'est le Christ et mourir est un avantage ( Ph 1,21 ), l' exil ? La terre appartient au Seigneur, avec tout ce qui la remplit ( Ps 23, 1 ), la confiscation des biens ? De même que nous n' avons rien apporté dans ce monde, nous ne pourrons rien emporter ( 1 Tim 6, 7 ), les menaces du monde ? Je les méprise et ses faveurs, je m' en moque; je ne crains pas la pauvreté, je ne désire pas la richesse.
Je ne crains pas la mort, je ne désire pas vivre, sinon pour vous faire progresser. C'est à cause de cela que je vous avertis de ce qui se passe et j' exhorte votre charité à la confiance"
                                                                                              St Jean Chrysostome

 

 

 

 

Le livre du mois

Pour la vie du monde

Auteur : Alexandre Schmemann

C'est un livre source d'une très grande profondeur avec un langage très simple, comme tous les livres de A. Schmemann. Un livre à lire et relire par petits morceaux car nous ramenant toujours vers l' essentiel : le Royaume, la vie en Christ.
Ce livre de 150 pages comprend 7 paragraphes :
- La vie du monde
- L' Eucharistie
- Le temps et la mission
- Par l' eau et par l' Esprit
- Mystère d' amour
- Ecraser la mort par la mort
- Et vous êtes témoins de ces choses
et 2 Appendices sur : Le culte divin à l'âge de la sécularisation et Sacrement et symbole
Citons 2 passages de ce livre :
1er passage p 15 dans le paragraphe sur la vie du monde :
"dans la Bible, la nourriture que l'homme mange, le monde qu'il doit consommer pour vivre, lui est donné par Dieu et lui est donné comme communion avec Dieu. Le monde en tant que nourriture de l'homme, n'est pas quelque chose de "matériel", il n'est pas limité à des fonctions matérielles, comme s'il était opposé et contraire aux fonctions spécifiquement "spirituelles" par lesquelles l' homme est relié à Dieu. Tout ce qui existe est don de Dieu à l' homme et n'existe que pour faire connaître Dieu à l'homme, pour faire de la vie de l'homme une communion avec Dieu. C'est l'amour Divin fait nourriture, fait vie pour l'homme. Dieu bénit tout ce qu'Il crée; et dans le langage biblique, cela veut dire qu'Il fait de la création tout entière le signe et le moyen de Sa présence, de Sa sagesse, de Son amour et de Sa révélation . "Voyez et goûtez combien le Seigneur est bon". L' homme est un être qui a faim. Mais il a faim de Dieu. Derrière toutes les faims de notre vie, il y a Dieu...

et un 2ème passage p 116 dans le paragraphe " Ecraser la mort par la mort" :
Être chrétien, croire au Christ, signifie et a toujours signifié ceci : savoir, dans cette connaissance transrationnelle et pourtant absolument certaine qui s'appelle la foi, que le Christ est la Vie de toute vie, que c'est Lui la Vie et, par conséquent, ma vie . "En Lui était la Vie; et la Vie était la Lumière des hommes". Tous les dogmes chrétiens, ceux de l'Incarnation, de la Rédemption, sont des explications, des conséquences, mais non pas la "cause" de cette foi. Ce n'est que quand nous croyons dans le Christ que toutes ces affirmations deviennent "valables et cohérentes". Mais la foi elle-même est l'acceptation non pas de telle ou telle "proposition" sur le Christ, mais du Christ Lui-même comme Vie et Lumière de vie. "Car la Vie s'est manifestée et nous l' avons vue et nous lui rendons témoignage et nous vous montrons cette Vie éternelle qui était avec le Père et qui nous a été manifestée". En ce sens, la foi chrétienne est radicalement différente de la "croyance religieuse". Son point de départ n'est pas la croyance, mais l'amour. En elle-même et par elle-même, toute croyance est partielle, fragmentaire, fragile...seul l' amour ne passera jamais .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Anthropologie Chrétienne et Psychothérapie

 

Cette présentation très réduite est faite à partir du livre « Psychothérapie Orthodoxe – La science thérapeutique des Pères de l' Eglise » du Métropolite Hiérothéos.

 

« Beaucoup est dit aujourd'hui sur les problèmes psychologiques. Je crois que les problèmes psychologiques ainsi nommés sont surtout les problèmes des pensées passionnées, du noûs enténébré et d'un coeur impur ».
« Lorsque nous parlons de l' âme, nous ne la comprenons pas comme séparée du corps parce que l' homme n'est pas composé seulement d' une âme, ni seulement d' un corps, mais des deux unis étroitement entre eux. »
Pour parler d' anthropologie chrétienne, définissons le christianisme comme un voyage dynamique qui commence avec le baptême qui est la purification de « l'image » de Dieu en l' homme et qui se poursuit avec la vie ascétique et l' action de la grâce pour que l' homme parvienne à la « ressemblance » de Dieu, c'est à dire la déification , la communion avec Dieu : théoria-vision de Dieu.
Pour que la vision de Dieu ne nous consume pas mais soit une lumière qui nous vivifie, il faut que la purification soit d'abord établie en nous, elle est une exigence préalable : cette purification est une thérapie qui est l'oeuvre de l'Eglise dont la tête est le Christ; le Christianisme sans la purification est une utopie.
L' Eglise est l' hôpital où le Christ est le médecin qui guérit les maladies de l' homme ( Parabole du Bon samaritain ); c'est l' enseignement fondamental du Nouveau Testament et des Pères de l' Eglise : « Une foi en Christ qui ne passe pas par quelque guérison en Christ n'est pas du tout la foi » dit le professeur Jean Romanidés qui ajoute : « La tradition patristique n'est ni une philosophie sociale, ni un système éthique, ni une religion dogmatique : elle est un traitement thérapeutique. Sous cet aspect elle ressemble beaucoup à la médecine, surtout à la psychiatrie. L'énergie spirituelle de l' âme qui prie noétiquement ( par le noûs ) et sans relâche dans le coeur est un instrument physiologique que tous ont en eux, mais qui a besoin de guérison. Ni la philosophie, ni aucune des sciences positives ou sociales n'est capable de guérir cet instrument. Cela peut seulement être fait à travers l' enseignement des Pères neptiques et la pratique de l' ascétisme. Toutefois, ceux qui ne sont pas guéris ne connaissent même pas l' existence de cet instrument qui est en eux-mêmes. »
En conclusion de cette introduction, nous dirons que la guérison de l' homme est en fait la purification du noûs, du coeur, de l' image de Dieu en nous : cette purification conduit à la communion avec Dieu, c'est à dire à devenir temple du Saint-Esprit.

Le noûs : définition, maladie, guérison

Le noûs est souvent traduit faussement par intelligence, pensée, intellect, raison ou même esprit; chez les Pères, il est utilisé pour désigner soit l' âme elle-même, soit le coeur profond, soit une des trois puissances de l'âme de l' homme qui sont le noûs, le verbe intérieur et l' esprit, ces trois puissances de l' âme correspondant à l' image de Dieu – Père-Noûs, Fils-Logos, Esprit-Saint-Pneuma , en nous.
Le noûs correspond à l' image du Père céleste dans l'âme humaine. Il est l' oeil de l' âme qui voit la lumière Divine quand il est en bonne santé; cet oeil est souvent enténébré par les passions, le péché : alors les puissances de l' âme que sont l' intelligence, la raison, la pensée se détournent de Dieu pour se disperser, par les sens, vers le monde extérieur.
Tout l' effort ascétique de guérison de l' âme va consister à ramener dans le coeur, réceptacle du noûs ou la grâce de Dieu agit, les énergies projetées vers les sens. C 'est la synergie des efforts de l' homme ( jeûne, prière, pénitence, silence ) et de l' oeuvre de la grâce de Dieu ( oeuvre de l' Esprit-Saint et des sacrements ) pour que l' homme retrouve l' énergie du noûs qui a la connaissance de Dieu.
Le traitement thérapeutique va d'abord consister à sentir que l' on est malade, à reconnaître nos faiblesses, nos erreurs et à les déposer devant Dieu ( confession ). Puis vient le chemin ascétique qui consiste à s' engager à un travail sur les sens, si possible avec l' aide et le conseil d'un père spirituel ( quelqu'un qui a déjà commencé ce chemin ) : « l' homme a cinq sens, donc il y a cinq pratiques ascétiques » dit Nicétas Stéthatos disciple de St Siméon le Nouveau Théologien ).
Ainsi en face de la vue, on trouvera l' agrypnie ( veille la nuit, avec offices et prières ), en face de l' ouïe, on trouvera l' étude-méditation de la Parole de Dieu, en face de l' odorat, on trouvera la prière, en face du goût, on trouvera la tempérance-jeûne, en face du toucher, on trouvera l' hésychia – l' hésichia consistant en la libération du coeur des pensées et des images passionnées pour atteindre le repos-silence-union en Dieu. Cette ascèse-vigilance accompagnée de la célébration fréquente de la liturgie apporte la purification du noûs et apprend à l' homme à subordonner sa volonté à la volonté de Dieu ( apathéia ).
Ainsi l' Eglise avec son enseignement, sa vie liturgique, son ascèse et ses mystères ( sacrements ) libère le noûs et fait de lui le trône du Saint-Esprit.

L' âme et sa guérison

Les traducteurs de la Septante de l' Ancien Testamentont traduisent le mot hébreu « nefesh », qui a plusieurs sens, par le mot grec « psyché » qui a donné l' âme. Toute chose qui a vie est appelée âme. Saint Jean Damascène dit à propos de l' âme : L' âme est immortelle..., c'est une pensée qui vient d'avant le Christianisme ( Platon, … ); nous acceptons cette pensée sous 3 conditions :
1- l' âme n'est pas éternelle mais crée
2- l' âme de l' homme n'est pas l' homme car l' homme est psychosomatique ( corps et âme unis )
3- l' immortalité de l' homme n'est pas fondée sur l' immortalité de l' âme mais sur la Résurrection du Christ et sur la Résurrection des corps à venir.
L' âme de l' homme est immortelle par grâce et non par nature.
L' immortalité de l' homme n'est pas la vie de l' âme après la mort, mais le franchissement, le dépassement de l' état de mort ( de vie passionnelle ) par la grâce du Christ.
Saint Jean Chrysostome dit : Le Souffle Divin qui crée l' âme est l' énergie du Saint-Esprit; le Saint-Esprit crée l' âme sans devenir cette âme elle-même.
Nous n' avons ni d' existence du corps sans une âme, ni d' existence de l' âme sans le corps. Dés l' instant où Dieu crée le corps, Il crée l' âme ( d' où la position chrétienne sur l' utilisation des embryons ), mais l' âme est à l' image de Dieu et donne la vie au corps qui lui est attaché.
Saint Grégoire de Nysse dit : L' âme n'est pas soutenue où emprisonnée par le corps, mais elle soutient le corps; elle anime chaque partie du corps.
L' âme, à l' image de Dieu est noétique, raisonnable ( intelligente ), passible ( puissance du désir ) et a donc trois énergies; son centre est le coeur profond où réside le noûs.
L' âme crée par Dieu à Son image est bonne, vierge de toute passion et immortelle. La chute de l' homme, c'est à dire l' âme qui perd la grâce de Dieu, le noûs qui cesse d' être en relation avec Dieu et est enténébré, cette chute entraîne la mort spirituelle et ensuite la mort corporelle; une âme peut conserver un semblant de vie, mais être morte spirituellement, car privée de l' énergie du Saint-Esprit; c'est ce que St Paul appelle « l'homme psychique qui ne reçoit pas et n' accepte pas les dons de l' Esprit de Dieu » 1Cor 2,14; ainsi nous voyons qu'une âme humaine malade transmet la maladie et l' obscurcissement à toute l' existence psychosomatique de l' homme.
Toute notre civilisation est une civilisation de la perte du coeur, du noûs. Notre civilisation identifie le noûs avec l' intellect, la raison qui sont des puissances du verbe de l' âme, mais nous avons perdu l' accés par le coeur à la présence de l' Esprit-Saint : c'est une sorte de mort spirituelle, où l' énergie du coeur, du noûs s'est éloignée de Dieu et s'est tournée vers les passions; et si le noûs qui est l' oeil de l' âme est altéré, malade, alors toute l' âme est malade et obscurcie : c'est l' endurcissement de l' âme, la captivité, l' insensibilité, l' illusion,...
Toute la vie ascétique de l' Eglise et les sacrements vont contribuer à la guérison de l' âme, à la redécouverte de la prière pure et du lieu du coeur où le Christ habite. La partie intelligente de l' âme va être soignée par la sobriété-vigilance, la partie passible-désir par la charité et la partie noétique par le silence-prière pure.
Le noûs, comme image de Dieu, est vivant et lumineux seulement lorsqu'il est uni au Christ, la prière nourrit le noûs et le vivifie : ainsi le noûs est un char tirant l' âme soit vers Dieu , soit vers le péché-maladie et la mort spirituelle.
La guérison de l' âme est donc le fruit des pratiques ascétiques sur les cinq sens dont on a parlé précédemment, avec le repentir-confession, les sacrements et la vie liturgique en Eglise.
Le noûs guéri est « libre, plein de joie et tourné vers le Royaume , il est ressuscité, illuminé et uni à Dieu »; le corps même devient délivré des passions maladives.

Le coeur et la personne

Le noûs est l' oeil de l' âme et le coeur est le centre de l' être humain, le centre du monde spirituel; c'est l' endroit qui reçoit l' énergie incrée de Dieu, la grâce. Chez beaucoup d'hommes, ce coeur profond est inconnu, car la grâce de Dieu est secrètement cachée dans son coeur.
C'est seulement par la purification des passions, l' ascèse alliée à l'oeuvre Divine de la grâce, que se révèle le coeur, que l' on peut alors, aussi, appeler la révélation de la personne, car l' homme devient une personne quand il devient capable de ressembler à Dieu.
La personne nommée hypostase est « l'homme caché dans le coeur », c'est à dire, ce qui est incorruptible, ce qui aux yeux de Dieu est d' un grand prix. C'est ce qui est le noyau le plus précieux de l' être humain, ce qui entre en communion et en union avec le Christ et ou personne de l' extérieur n'a accés : personne ne peut la définir car c'est une réalité indépendante provenant de la grâce de Dieu.
La Paix et la Lumière de Dieu règnent dans le coeur profond de l' homme purifié.
Au contraire, quand le coeur cesse d' épouser la volonté de Dieu, il tombe malade et devient mourant : l' imagination ou l'illusion ( plus fines que la pensée ) sont souvent les causes du début de la perte du coeur, mais aussi l' ignorance et l' oubli de Dieu, la dureté et l' endurcissement du coeur, l' impureté ou l' orgueil du coeur, le manque de droiture, la rudesse, la sensualité et la luxure.
Abba Dorothée dit : « Aussi longtemps que nous sommes sujets à la passion, nous ne devons pas du tout faire confiance à notre coeur »
La thérapie du coeur va s' appuyer sur le repentir, la métanoïa ( récitation du psaume de pénitence, souvenir de la passion du Christ qui humilie le coeur ), la prière, la blessure ou souffrance offertes à Dieu, les larmes qui ont une grande valeur devant Dieu et qui, pour certaines, sont comparables à un baptême, car elles nettoient la boue de notre âme, l' invocation du nom de Jésus.

En Conclusion, on peut dire que la guérison de l' âme, la guérison du noûs, la guérison du coeur, sont l' oeuvre du Christ qui agit dans Son Eglise et dans nos coeurs; Il veut nous délivrer de nos prisons, de nos ténèbres et nous conduire à la communion et l' union avec Dieu, à la vision de Sa Lumière incrée.
« O Christ Dieu, Tu T'es transfiguré sur la montagne, Tu as montré à Tes disciples Ta gloire autant qu'ils pouvaient la supporter; que Ta lumière éternelle resplendisse pour nous aussi pécheurs, par les prières de la Mère de Dieu, O Donateur de Lumière, Gloire à Toi »
( Tropaire de la Transfiguration )

 

 

 

 

 

 

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