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Parole des Anciens

Voici cinq chemins de la conversion : d'abord la condamnation de nos péchés, puis le pardon accordé aux offenses du prochain; le troisième consiste dans la prière; le quatrième dans l'aumône; le cinquième dans l'humilité. Ne reste donc pas inactif, mais chaque jour emprunte tous ces chemins; ce sont des chemins faciles et tu ne peux pas prétexter ta misère ... St Jean Chrysostome

Jésus est ma respiration, plus encore que l'air, à tout instant de ma vie. Il est ma lumière, avant tout autre lumière, ma nourriture et ma boisson, mon vêtement, mon parfum, ma douceur, mon père et ma mère, un sol plus ferme que la terre que rien ne peut ébranler et qui me porte. St Jean de Cronstadt

Tant que l'on voit dans l'autre des défauts, on ne possède pas, soi-même, l'humilité. Aux yeux des humbles, tous paraissent meilleurs que soi, tous semblent bons. Ce qui fait notre malheur, c'est de vouloir trouver en nous la Sainteté, au lieu de l'humilité. Staretz Macaire d'Optino

Si nous avons reçu la pensée, c'est pour connaître le Christ; si nous avons reçu le désir, c'est pour courir vers Lui; si nous avons la mémoire, c'est pour Le porter en nous." Nicolas Cabasilas - La vie en Christ

Celui qui n'aime pas ses ennemis ne peut connaître le Seigneur, ni la douceur de l'Esprit-Saint. Mais celui qui n'a pas reçu le Saint-Esprit ne désire pas prier pour ses ennemis. L'âme qui n'a pas l'amour des ennemis n'aura jamais la paix; elle se tourmentera et fera souffrir les autres. St Silouane

Et si l'on me demandait :" que désires-tu de Dieu, quel don ? "; Je répondrais : " l'esprit d'humilité qui, plus que tout, plaît au Seigneur " St Silouane

Seigneur, dans Ta miséricorde, viens à la recherche de ta créature et montre-toi aux hommes par le Saint-Esprit, comme tu te révèles à Tes serviteurs. Réjouis, Seigneur, par la venue de Ton Esprit-Saint, toute âme affligée. Fais, Seigneur, que tous les hommes qui Te prient connaissent le Saint-Esprit.   Staretz Silouane p 275

Saint Jean Chrysostome a dit :"le premier père spirituel de l'homme est la voix de la conscience", c'est le premier lien spirituel de l'homme avec Dieu. Notre conscience s'éclaire et acquiert la maturité en écoutant la parole de l'Evangile, en faisant le travail intérieur de la prière et en communiant aux Saints Sacrements du Christ. Apostolia Novembre 2014

Saint Jean Chrysostome a dit : "Veux-tu voir ce qu'est l'Eglise et quel est le miracle que produit l'Eglise ? C'est très simple. Entre dans l'église et tu verras que c'est un lieu où tu entres loup et tu sors agneau, tu entres brigand et tu sors Saint, tu entre coléreux et tu sors doux, tu entres homme et tu sors Dieu selon la grâce" Apostolia Novembre 2014

L'Esprit-Saint est la joie de Dieu se déversant sur la création, pour assurer une orientation renouvelée de la création vers son Créateur, le dépassement de la séparation entre Dieu et la créature et donc la réalisation plénière de la créature. La joie de Dieu, concentrée dans le Saint-Esprit, se déverse grâce à Lui dans nos âmes, de sorte que nous sommes introduits dans la Joie même de la Trinité.         Dumitru STANILOE dans Prière de Jésus et Expérience du Saint-Esprit - DDB

Athanase,l' Archevêque d'Alexandrie de Sainte mémoire, supplia Abba Pambo de descendre du désert à Alexandrie. Il descendit donc. Et voyant une actrice, il se mit à pleurer. Ceux qui étaient présents lui demandèrent le motif de ses larmes et il dit :" deux choses m' incitent à pleurer : l'une, la perte de cette femme, l'autre, que je n'ai pas un tel souci de plaire à Dieu que cette femme de plaire aux hommes mauvais"                                                                          Paroles des Anciens

N'imagine pas que tu puisses te libérer des passions et échapper à la souillure des pensées passionnées, si tu portes encore l' arrogance et l' enflure des vertus; car tu ne verras pas la demeure de la paix dans la bonté des pensées, tu n' entreras pas avec joie dans le temple de l'amour, tant que tu te confieras en toi-même et dans tes oeuvres.     Philocalie des Pères Neptiques N. Stethatos p37

La prière de celui qui garde des griefs contre son prochain est impure. Nous ne pouvons et devons adresser des reproches qu'à une seule personne : nous-même. Sans cette accusation de soi, la prière sera aussi vaine que si l'on adressait des reproches, dans son coeur, à autrui.           Le Chemin des Ascètes - Titi Colliander

 Il n' y a pas de félicité plus grande que d'aimer Dieu de toute son intelligence, de tout son coeur et de toute son âme, ainsi que l'a commandé le Seigneur, et son prochain comme soi-même. Lorsque cet amour remplit l'âme, tout la réjouit; mais quand il se perd, l' homme ne trouve pas de repos, il se trouble et accuse les autres de l' avoir offensé. Il ne comprend pas que c'est lui le coupable : il a perdu l'amour de Dieu, il a jugé ou haï son frère. La grâce vient de l' amour pour notre frère et c'est par l' amour pour notre frère qu'on la garde. Mais si nous n'aimons pas notre frère, la grâce Divine ne viendra pas dans notre âme.                                                                              Saint Silouane

Un profond silence est une prière profonde et une prière profonde est un profond silence.
L' intelligence et l' éducation n'ont aucune valeur si elles ne sont pas au service de l'amour.
La plus grande chose qui nous sera demandée au jugement dernier est "pourquoi n'avons-nous pas fait plus attention à notre prochain ? "

                                                                                                 Père Arsenié

Les Saints Pères nous disent tous d'une seule voix : "La première chose à vous mettre dans l' esprit est de ne jamais, en aucune façon, vous appuyer sur vous-même. Le combat que vous allez affronter est extraordinairement ardu et vos seules forces humaines sont absolument insuffisantes pour le mener. Si vous vous fiez à vous-même, vous serez immédiatement renversé et vous perdrez toute envie de continuer la lutte. Seul Dieu peut vous donner la victoire, selon votre propre désir"       Extraits de  le Chemin des Ascètes de Tito Colliander

La meilleure et la plus belle des choses est de s' accueillir réciproquement les uns les autres. Nous n'allons pas être jugés pour ce que nous avons donné ou pas donné aux autres, mais d' après le comment nous avons accueilli notre frère dans notre coeur. Juger mon frère, cela veut dire que je ne l'accueille pas dans mon coeur. Nous pouvons beaucoup jeûner ou faire de grands efforts ascétiques, mais rappelons-nous que ce n'est pas la nourriture qui m'approche ou qui m'éloigne de Dieu, la nourriture qui nous fait entrer ou ne pas entrer auprès de notre Dieu dans le Royaume et qui nous fait ressentir le Royaume en nous-mêmes, c'est notre prochain ! Voilà la clé du Royaume : le Seigneur, ton prochain et toi-même. On ne peut échapper à ce cercle qui nous unit les uns aux autres, qui fait de cette vie, notre Paradis ou notre enfer.                                                                       Monseigneur Joseph

 

Abba Antoine scrutant la profondeur des jugements de Dieu, demanda: « Seigneur, comment se fait-il que certains meurent dans la fleur de l' âge, tandis que d'autres atteignent une extrême vieillesse ?Pourquoi y a-t-il des pauvres et des riches ? Comment des hommes injustes s'enrichissent-ils tandis que des justes sont dans le besoin ? Survint alors une voix qui lui dit : « Antoine, sois attentif à toi-même; car le reste, c'est le jugement de Dieu et il ne te convient pas de le connaître. »

 

"Les vagues sont violentes, la houle est terrible, mais nous ne craignons pas d' être engloutis par la mer,car nous sommes debout sur le roc.
Que la mer soit furieuse, elle ne peut briser ce roc; que les flots se soulèvent, ils sont incapables d' engloutir la barque de Jésus.
Que craindrions-nous ? Dites-le moi : la mort ? Pour moi, vivre, c'est le Christ et mourir est un avantage ( Ph 1,21 ), l' exil ? La terre appartient au Seigneur, avec tout ce qui la remplit ( Ps 23, 1 ), la confiscation des biens ? De même que nous n' avons rien apporté dans ce monde, nous ne pourrons rien emporter ( 1 Tim 6, 7 ), les menaces du monde ? Je les méprise et ses faveurs, je m' en moque; je ne crains pas la pauvreté, je ne désire pas la richesse.
Je ne crains pas la mort, je ne désire pas vivre, sinon pour vous faire progresser. C'est à cause de cela que je vous avertis de ce qui se passe et j' exhorte votre charité à la confiance"
                                                                                              St Jean Chrysostome

 

 

 

"Guérir, c'est recouvrer le Christ. La guérison ne signifie pas la cessation d'une douleur, mais la recouvrance du Christ qui me donne la paix, la constance, l'aspiration au bien, la compréhension de l'autre et l'amour infini et inconditionnel, car tel est le Christ. Gisant dans le péché, je hais, je juge, je dis du mal des autres, je vois leurs fautes et les divulgue à un maximum de personnes ..."
Mgr Joseph, revue Apostolia Nov. 2017

Icônes justes et fausses

Les "Icônes Déviantes" article de Ludmilla Garrigou Titchenkova

Article publié le lundi 15 novembre 2010
Mis à jour le vendredi 19 novembre 2010

"ICÔNES DEVIANTES"

Cet article fut rédigé dans la revue « Chrétiens en marche » par Ludmilla Tichenkova,iconographe et fondatrice de l’Atelier St Jean Damascene, sur la demande du Père René Beaupère, prêtre catholique, directeur de la revue et du Centre Saint-Irénée à Lyon. Il donne un éclairage sur les déviations iconographiques auxquelles succombent des catholiques de bonne volonté, mais mal éclairés…

Comme nous vous le disions lors de notre récente rencontre, le sujet que vous nous proposez de traiter est plutôt explosif ! C’est peut-être pourquoi personne à ce jour n’a osé l’aborder sérieusement… Merci donc à vous, prêtre catholique, d’avoir le courage de soulever cette importante question des icônes non canoniques qui, pour beaucoup, semble secondaire et de peu d’intérêt, et qui cependant choque bien des chrétiens orthodoxes.

Il faut d’abord préciser que nous ne chercherons à faire aucune polémique, même si, à la lecture de l’article, certains penseront le contraire par la mise en opposition, ou comparaison inévitable, de l’Orient/Occident. Aucun de nous ne détient la Vérité et les orthodoxes ne rendent pas toujours un bon témoignage : s’ils parlent très bien des icônes, ce n’est pas pour autant que toutes leurs églises reflètent la Beauté décrite.

Laxisme en Orient

De nos jours. il existe en effet un certain laxisme en ce domaine. Peut-être le manque de vérification par nos hiérarques en est-il la cause ? "L ’Eglise a toujours accordé beaucoup d’attention à son art : elle e veillé à ce qu’il exprime sa doctrine. Toutes les déviations ont été écartées conciliairement (….). Aujourd’hui, il n’y a plus dans l’Eglise de pensée bien établie et explicitée sur l’art sacré, et encore moins de contrôle exercé sur cet art par l’autorité ecclésiastique. On admet dans l’enceinte de l’église pratiquement tout", nous dit Père Zénon". "L’icône prend naissance dans l’expérience eucharistique de l’Eglise, elle est étroitement dépendante de cette expérience et, d’une façon plus générale, du niveau de la vie ecclésiale. Quand ce niveau était élevé, l’art sacré était lui aussi à la hauteur : quand la vie ecclésiale s’étiolait ou que venaient pour elle les temps de décadence, l’art sacré à son tour tombait évidemment en décadence. Souvent l’icône était transformée en tableau à sujet religieux et sa vénération cessait d’être authentiquement orthodoxe…". affirme-t-il également.

On remarque effectivement que l’icône devient soit un décor d’église richement orné, mais vide de sens ; soit un support de prière, mais maladroitement exécuté. Que faire ? …

Par ailleurs, on fera volontiers appel "au plus offrant", c’est-à-dire à celui même qui n’aura reçu aucune formation iconographique mais qui, par contre, travaillera gratuitement. Alors, le critère de peindre une icône ou des fresques dans une église devient non plus celui de la recherche de la beauté, mais plutôt celui de l’économie. Il y a eu un temps où l’Église orthodoxe en Occident, complètement démunie de moyens financiers, faisait de son mieux pour sortir des cendres et utilisait les dons de chacun sans qu’il y ait nécessairement "qualification spéciale". Mais ce temps est révolu. Si l’on admire encore aujourd’hui certaines icônes peintes rapidement sur contre-plaqué et avec les moyens du bord, c’est en devant les replacer dans leur contexte premier : l’après-guerre. Et non en tant qu’œuvres d’art exemplaires dont il faudrait s’inspirer. Ce n’est pas un « renouveau iconographique ». Il n’ya pas lieu de s’extasier sur des compromis

Fantaisies occidentales

Il nous semble que c’est seulement après un tel préambule que nous pouvons nous permettre d’aborder la question des "déviations auxquelles succombent des catholiques de bonne volonté, mais mal éclairés…".Il est à craindre que l’Occident, sous prétexte de défendre la « liberté d’expression avant tout », se permette toutes sortes de fantaisies. Et l’Orthodoxie, hélas plus ou moins laxiste en ce domaine comme nous venons de le constater, n’affiche pas suffisamment le label de qualité pour être prise au sérieux dans ses remarques.

C’est dire combien l’iconographe se sent seul et presque abandonné dans la mesure où rien ni personne ne le contrôle ni le soutient. Il est presque obligé, par ce fait même, à inlassablement recopier les modèles anciens pour ne pas courir le risque d’une, interprétation erronée et par trop personnelle. Nous connaissons les époques où, par manque d’encouragement et de vérification de l’Église, des icônes pourtant remarquablement peintes sont devenues sinon des tableaux religieux, du moins des icônes plus ou moins païennes. Et aujourd’hui, nous constatons pratiquement le même phénomène.

Devant cette faiblesse de l’Église orthodoxe, le monde catholique, redécouvrant l’icône avec émerveillement mais refusant dans le même temps son côté statique et immuable, peut alors se permettre, sans la moindre impunité et de bonne foi, toutes sortes d’interprétations. Ainsi il nous est arrivé d’entendre, lors d’un cours d’iconographie, des élèves dire : "Oh !vous les orthodoxes, vous êtes toujours coincés dans votre Tradition ! Heureusement que nous, catholiques, nous avons l’évolution et la liberté d’expression !".

Mais où nous mène-t-elle, cette soi-disant liberté ? On remarquera volontiers qu’en Occident il sera demandé à l’icône surtout affection et tendresse. Ainsi par exemple, à choisir entre deux reproductions : celle d’un Christ miséricordieux sous des traits quasi "humains", et celle d’un Christ en Majesté quelque peu hiératique par sa gravité, c’est la première image qui sera retenue. L’icône de la Vierge de tendresse, celle dont le regard est plein d’amour pour son tout petit enfant Jésus, remporte aussi tous les suffrages. Mais n’en est-il pas de même pour les offices liturgiques ? Nous avons souvent remarqué que, lors d’une célébration catholique, l’aspect fraternel l’emporte sur l’aspect paternel si évident dans l’orthodoxie. Le Christ semble très proche, il est comme un grand frère que l’on peut aborder facilement et même lui taper amicalement sur l’épaule… plutôt que le Père, le Créateur, qui demande un plus grand respect. une plus grande retenue, donc aussi une certaine distance.

Élever l’icône

Notre comportement durant la liturgie est révélateur d’une sensibilité différente.. Il en est de même pour notre attitude face à l’icône. Fasciné par sa couleur, le chrétien catholique peut facilement remplacer le bouquet de fleurs par une icône et la poser à même le sol, sur les marches du sanctuaire, comme il le ferait pour un vase… Et il la contemplera, assis. L’attitude d’un chrétien orthodoxe est tout autre : il "élèvera" icône sur un haut pupitre recouvert de parures et l’honorera en s’inclinant profondément devant elle par trois fois et en l’embrassant. Il découle de ces deux manières d’être si différentes que l’un considère l’icône comme un objet à contempler, l’autre comme une personne qui vous regarde…

Donc, avec cette liberté d’expression et une sensibilité autre, il est pratiquement normal qu’il y ait des déviations dans l’exécution des icônes par des "catholiques de bonne volonté mal éclairés"…

La théologie de l’icône n’est pas affaire personnelle ni purement artistique. Elle concerne l’ensemble de la communauté locale (et mondiale !). C’est pourquoi il est difficile de la séparer de l’Église plénière. L’icône ne doit pas être "inventée", mais "révélée". Elle ne peut être une juxtaposition de symboles mis en place volontairement et avec une imagination exagérée. Les vrais symboles sont ceux qui traversent le temps et qui ont une signification profonde de ce qu’il est difficile d’exprimer autrement. Ce n’est pas un patchwork un découpage d’icônes anciennes avec un morceau pris à droite et un autre à gauche, puis rassemblés. Même s’il y a de l’or et que le travail est fait à la perfection, ce ne sera pas obligatoirement une icône.

des exemples

Ainsi c’est une erreur grave de s’être inspiré de l’icône nommée "CONCEPTION DE LA MERE DE DIEU", qui représente traditionnellement Joachim et Anne enlacés, "concevant" la Mère de Dieu, fêtée le 8 décembre. Il en a été fait une icône nouvelle : le même couple est représenté, tendrement enlacé, dont on aura seulement changé les noms : Marie et Joseph…

Paul Evdokimov définit l’icône comme "La PAROLE (…) mystérieusement dessinée (qui) s’offre en contemplation, en théologie visuelle"". A la lecture de cette "fausse icône", ou à l’écoute de sa Parole, qu’apprenons-nous ? Que le Christ est uniquement homme, ayant pour parents de chair saints Joseph et Marie… Quelle hérésie !

icône théologiquement fausse : le Christ n’est pas né de l’union de Joseph et Marie…
Icône "Juste" de la Conception de la Mère de Dieu

On peut tout pareillement dénoncer l’icône dite de la "SAINTE FAMILLE" ou celle de NOTRE DAME DE L’ALLIANCE

Icône théologiquement fausse de la Ste Famille
Notre Dame de l’Alliance - icône incohérente, la Vierge n’a pu enfanter le Christ adulte et de jeunes époux !
Icône Juste : La Vierge du Signe (ou Vierge orante). Le Christ en médaillon est encore dans le sein de sa Mère, cette icône est vénérée avant Noël.

Nous avons récemment pris connaissance d’une "saine réaction" qui nous a beaucoup touchés d’une lectrice de France Catholique, : "Je suis surprise de voir votre revue faire une place importante à de la publicité pour certaines icônes qui usurpent ce nom. En effet, ouvrant vos pages au patriarche Bartholomée 1er, à Olivier Clément et à d ’autres, vous devez savoir que l’icône doit respecter certaines règles théologiques.

Sur France-Culture, Olivier Clément a justement expliqué combien l’icône dite de la Sainte-Famille et celle dite Notre-Dame de l’Alliance n’étaient pas compatibles avec une saine profession de foi.Non, Joseph n’est pas le père de l’Enfant et Marie est vierge. Cette main de Joseph sur l’épaule de Marie, son visage qui se penche vers elle. prête le flanc à toute dérive théologique. Et que dire de l’icône dite Notre-Dame de l’Alliance ? Elle démarque l’icône de Notre-Dame du Signe et elle est aberrante avec un Christ adulte et des personnages dans le sein de Marie" (M.-C.L. (Orne), France Catholique, 26 avril 1996. p. 30).

Il faut en effet préciser que l’icône dite NOTRE-DAME DU SIGNE est celle que l’on honore tout particulièrement durant la période de l’ Avent : elle atteste l’incarnation toute proche de Notre-Seigneur. La Vierge, enceinte, attend "l’heureux événement" et nous avec elle…

autres icônes déviantes

St Honorat de Lérins : il ne peut avoir enfanté le Christ !
La Vierge ne peut avoir enfanté une multitude de Saints !

Vérité trahie

Si de telles icônes sont à dénoncer, ce n’est pas uniquement parce qu’elles sont "non conformes à la Tradition", mais parce qu’elles trahissent la Vérité. Face à elles, on ne peut que constater l’impiété et l’erreur.

Les textes qui accompagnent souvent les cartes postales de ces fausses icônes renforcent l’idée de confusion plus que celle de maladresse. Ainsi nous lisons : "L’icône de la Sainte Famille… A travers le mystère de l’union de l’homme et de la femme, dans la fécondité de l’amour (…). L’Enfant porté à deux, à la fois œuvre de Dieu et fruit de leur amour"…Voilà où nous mène, aujourd’hui, la liberté d’expression iconographique !

Olivier Clément se lamente quelquefois : "Parfois, dans l’Église orthodoxe, nous avons l’impression que nous n’osons plus penser puisque les Pères ont tout dit : nous n’osons plus peindre des icônes nouvelles ou différentes, puisque tout a été peint ?… ». Et il est vrai que la "Tradition" ne nous empêche pas de renouveler notre "style", mais elle nous interdit de trahir la Vérité.

"L’icône a une signification et un fondement dogmatiques.. Autrement dit, elle peut influencer notre façon de croire. C’est pourquoi il .faut mettre un peu d’ordre dans l’enseignement et la pratique de l’art de l’icône" : c’est ce qu’a affirmé le colloque sur l’art de l’icône organisé en 1996 .à Moscou par l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Tikhon (SOP, n° 212, novembre 1996, p 12).

Mémoire et amnésie

Pour conclure, nous nous permettons une nouvelle citation d’Olivier Clément :« L’Église orthodoxe est une "Église de mémoire". En cela, elle peut constituer un témoignage essentiel pour les confessions occidentales qui sont, elles, menacées d’amnésie. Mais elle ne peut remplir ce rôle providentiel que si elle ne se laisse pas étouffer par cette trop grande mémoire. Là, c’est le rôle des Eglises occidentales de nous mettre en garde et de nous inciter à sans cesse retrouver le grand souffle de vie de l’Esprit qui fait tontes choses nouvelle »

Ludmilla TITCHENKOVA Atelier Saint Jean Damascène

1) Célèbre iconographe russe auquel nous nous référons beaucoup, car dans notre Atelier le Père Ambroise et Jean-Baptiste ont été formés par lui. Nos citations sont empruntées à "Propos d’un peintre d’icônes", traduction de la 3ème édition russe, revue et augmentée dans Plamia n" 98 février 1998) p.16. 17 et 14. NDLR : sur le père Zénon. cf CEM n°50 et 55. 2) L’art de l’icône, théologie de la beauté, p. 150. 3) Olivier CLÉMENT, "Échapper à la viscosité de l’histoire" SOP n° 231 sept.-oct. 1995) p. 29. 4) Id. Ibid, p. 29. NDLR : sur le thème de cet article voir aussi la belle revue Icône et tradition (de Marianne Drobot, 67200 Strasbourg)

Témoignages des lecteurs…

L’article sur les "icônes déviantes" de Madame Garrigou-Titchenkova est remarquable et nous ne manquerons pas de le signaler aux élèves de nos ateliers. Marianne Drobot, 67- Strasbourg

Merci pour votre journal toujours si intéressant et merci surtout pour cette mise au point sur les icônes déviantes et fantaisistes de certains Occidentaux. Soeur Térésa, 21- Saint-Rémy

Le numéro 61 de CEM me plaît tout particulièrement avec l’article sur les "icônes déviantes" : article très gentil et terrible ! Père Luc Moreau, 69 - Eveux-sur-L’Arbresle

Je viens de recevoir Chrétiens en marche. Félicitations ! Je suis en particulier heureux d’y lire cet article sur les "Icônes déviantes". Je pourrais en ajouter d’autres, en particulier une icône de la Sainte Famille, placée dans le cadre de la grotte de l’Annonciation à Nazareth et calquée sur le modèle de la Trinité de Roublev… Père Frans Bouwen, Jérusalem

Notre communauté reçoit votre revue par les soins d’une excellente amie pour qui l’oecuménisme est un présupposé de la vie chrétienne. Permettez à un iconographe néophyte de vous féliciter pour la démarche du n° 61. Bravo et merci au père René Beaupère d’avoir demandé un regard orthodoxe sur la pratique de certains catho¬liques. Et que dire pour remercier Madame Ludmilla Titchenkova ? Quel bel exemple vous nous donnez d’un enracinement dans la doctrine rigoureuse et la contemplation mystique ! Il faut de l’humilité pour énoncer les faiblesses de son Église, et du courage pour expliquer à ses frères les errements de la leur. Merci de nous apprendre ou de nous rappeler que l’icône est enseignement de la vérité, qu’elle est visage qui nous regarde, qu’elle est expression de l’Eglise qui doit exercer sur elle sa vigilance. Soyez sans crainte, Madame, on ne peut taxer de polémique un exposé dont la source est une vision si élevée au service de la sanctification de tous les enfants de l’Eglise.. Frère Philippe de Montety, Nouna (Burkina Faso)

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