Les gestes dans l' Eglise

 

Quand nous entrons dans l' Eglise, nous respectons le silence et la prière de ce lieu, mais nous restons vivants et libres devant Dieu et nos frères. Tous nos gestes peuvent exprimer notre attention à Dieu et aux autres mais sans que nous soyons figés, apeurés ou bloqués; Dieu nous aime vivants et véridiques. En entrant, on peut prendre de l' eau bénie et faire le signe de croix, puis ensuite saluer les icônes, sans automatisme et en saluant vraiment les Saints et le Christ et la Mère de Dieu. On peut aussi prendre des cierges ( déposer son offrande ) et les allumer en offrant une prière pour les vivants et les défunts pour lesquels nous prions.

Pendant les Offices, nous veillons à être détendus et attentifs à la Parole prononcée ( chant, lecture, Evangile, ...) comme un bien précieux pour notre âme. Pendant les encensements, les processions, les bénédictions, notre corps participe à la prière en s' inclinant en communion avec nos frères.

Suite provenant du site sagesse-orthodoxe :


L’héritage biblique, nous sommes des juifs spirituels :
• gestes de Jésus : étend la main, prend la fille de Jaïre par la main, impose la main, ses doigts dans les oreilles du sourd, lève les yeux au ciel
• gestes symboliques : Moïse tenait les mains levées, frapper (une porte, un objet, quelqu’un), secouer la poussière de ses pieds, se laver les mains (Pilate), briser le vase et verser le parfum (M.-M.),
• gestes liturgiques : mettre la main sur une victime, prendre de l’encens et l’offrir, offrir de la graisse, élever les mains et bénir, balancer une offrande devant Dieu, porter la main à sa bouche pour un baiser, asperger avec l’hysope
• gestes de prière : les mains levées vers le ciel, se tourner vers le temple, s’agenouiller, visage contre terre, prosterné, fléchir les genoux, prier à genoux, imposer les mains
Les conséquences du Saint Baptême :
• tout l’être, corps et âme est baptisé et oint, et communie au Corps et au Sang du Christ, pas de dualisme anthropologique, le Saint Esprit habite toute la personne, le corps est sanctifié, il est consacré
• le corps parle (corps-verbe)
• l’Eglise est un corps, Le Corps du Christ, vrai Dieu et vrai Homme ; les gestes de l’Eglise sont les gestes du Christ ; pas d’individualisme dans le geste ; expression de l’unanimité ecclésiale (même dans la solitude)
• les actes traduisent la pensée, ils expriment la foi, l’amour, la vénération, le repentir, la supplication, la gratitude
• le gestuel liturgique est essentiellement un hommage à la Présence (prise de conscience de la Présence
• le geste oriente la prière (icône, Evangile, Croix, la création icône de la Sagesse), conscience de l’espace et du temps consacrés
Nos gestes :
• ils sont toujours associés à une parole (corps-verbe)
• le signe de la Croix (demandes, louange)
• inclinaison du buste + la Croix (1 : supplication ; 2 : louange)
• semi prosternation
• prosternation complète (on se relève ; plus rarement on reste prosterné)
• station debout (le plus souvent ; à la lecture de l’Evangile)
• position assise : repos, écoute (psaumes, lectures sauf Evangile)
• agenouillement, prière à genoux
• élévation des mains à la hauteur du visage (porte voix)
• élévation et baissement des yeux
• orientation vers un signe de la Présence : autel, Croix, icônes, frères
• baiser à l’icône, à la Croix, à l’Evangile, aux frères dans la Foi (baiser = communion)
• offrandes (cierges, pains, fleurs, huile, vin, encens, toujours avec la prière)
• déplacements dans l’espace liturgique : ils ne sont pas seulement utilitaires (procession pour la communion, la vénération de la Croix ou de l’Evangile, etc.) ; processions extérieures : manifestation de la Foi (procession de Pâques ou des Rameaux)

On soulignera également :
• le caractère chorégraphique du gestuel (beauté de la célébration de l’Eglise)
• le caractère pédagogique du gestuel : c’est en faisant le geste que l’on pénètre le sens de la parole que l’on dit ; expression corporelle mais aussi compréhension corporelle du mystère.